Dicton du jour
Chaque revers a sa médaille !!!

LE TRIANGLE DE KARPMAN - un jeu tout pourri

UN JEU TOUT POURRI... ET POURTANT TRES REPANDU !

Bien sûr, le triangle de Karpman est déjà bien connu, très largement développé au sein de nombreux ouvrages. Sa présentation ici ne peut être qu’une redite, ou au mieux, un rappel pour ceux que cela pourrait intéresser.

Ce triangle s’inscrit dans la famille des « Jeux de manipulation » et revêt une certaine complexité. Il ne s’agit pas d’un rapport statique, ni binaire entre un pauvre malheureux et un gros méchant. Il met en œuvre et en scène au moins trois protagonistes au sein d’une relation résolument dynamique, plus complexe qu’il ne parait en apparence.

Il est tout d’abord utile de souligner que les trois rôles du Triangle de Karpman ou Dramatique ne sont pas à confondre avec des personnages. Les acteurs peuvent régulièrement changer de rôles. Selon Karpman, les trois rôles interagissent pour créer la relation dramatique (dans le sens grec ou « théâtral » du terme) illustrée par un triangle : Le Persécuteur, le Sauveteur et la Victime. Par tradition, des majuscules différencient ces termes des mots du langage de tous les jours, pour ne pas créer une confusion avec des victimes, des sauveteurs et des persécuteurs occasionnels et bien réels.

Par extension, les rôles du Triangle de Karpman ou Dramatique peuvent aussi faire référence à des personnes qui semblent rechercher ces positions de façon régulière et existentielle -même si leur motivation est inconsciente. Ce sont alors des rôles récurrents dont les enjeux psychologiques voire existentiels dépassent largement le cadre d’un incident fortuit ou d’une situation exceptionnelle.

LES 3 ROLES DU TRIANGLE DRAMATIQUE

Il faut savoir que tout le monde à un moment à un autre de sa vie joue à ce Jeu psychologique, de manière inconsciente.

Les rôles ne sont pas fixés et l’on passe très facilement de la Victime au Persécuteur ou au Sauveur.

Tout d’abord, il est intéressant d’observer la position supérieure des rôles de Persécuteur et de Sauveteur, rappelant ainsi leur pouvoir ou leur domination apparente sur la Victime.

Mais attention – il ne faut pas s’y tromper car comme en approche système où il est précisé que la position basse est la plus forte, c’est la Victime qui mène le Jeu dans le Triangle Dramatique. Sans Victime en effet, les deux autres rôles ou acteurs n’ont aucune raison de se rencontrer. Ils perdent véritablement leur sens. Ainsi, la Victime met en jeu ce pouvoir interactif particulier qui est propre à la position basse. Par conséquent, le vrai rôle de la Victime, c’est le rôle du maître du Jeu.

Pour illustrer la complexité des interactions entre ces rôles lors d’un Jeu de manipulation, prenons le Jeu de « Oui, Mais » très connu – à voir ou revoir le film Oui, Mais, réalisé par Yves Lavandier avec Gérard Jugnot sorti en 2001.

Une personne entame un dialogue avec une autre en demandant de l’aide pour résoudre un problème.
- « Comment puis-je faire pour avoir de meilleurs résultats dans mon secteur ? ».
Attention, toutes les demandes d’aide ne sont pas des amorces de « Oui, Mais ». S’il y a amorce de Jeu, cette demande peut provenir d’un rôle de Victime qui cherche un Sauveteur.
Si l’interlocuteur « plonge » car il faut être deux pour jouer, il donnera une option en guise d’aide comme :
- « A mon avis, il faut peut-être commencer par resserrer tous tes budgets. »
Notez que cette réponse, comme n’importe quelle autre dans une situation analogue est implicitement une disqualification de l’interlocuteur.
Ce qui est sous-entendu est « Pauvre idiot ! Vous ne faites pas votre boulot. J’en sais plus que vous. »
D’où l’impression que sous couvert d’aider l’autre, le Sauveteur se valorise au dépens de l’autre et donc Persécute. Dans ce cas, le rôle de Sauveteur cache - ou révèle celui de Persécuteur.
- « Oui, bien sûr ! (Tu me prends pour un idiot !) Mais je suis déjà passé par là et vu le niveau de mes dépenses aujourd’hui, si je serre mes budgets un peu plus, il ne restera plus rien. »
La Victime apparente révèle qu’elle a déjà fait le tour du problème, que le Sauveteur apparent n’aura pas un rôle si facile puisqu’en fait, il va peut-être se faire persécuter par une Victime qui refuse toutes les options. Ce qui est peut-être dit indirectement au Sauveteur est : « Tu me prends pour un imbécile, je vais te prouver que c’est toi qui n’y connais rien. »Le Sauveteur va ramer...

Ce Jeu est stérile, épuisant et destructeur.
Il peut se dérouler avec de nombreuses options de renversements de situations, de chutes, de relances et de conclusions, sachant qu’en finale, il n’y aura pas de vrai gagnant - ni le collaborateur, ni le manager ne s’en sortira gagnant.

Cet exemple illustre que les rôles du Triangle Dramatique peuvent changer plusieurs fois au cours d’un Jeu de manipulation. Ils n’appartiennent pas à l’un ou l’autre des personnages, ou acteurs impliqués dans un Jeu.

LES BENEFICES ?

Dans ce Jeu, aucun des trois acteurs n’a vraiment envie que la situation ne change, car chacun est satisfait de son rôle et en retire un intérêt personnel - créant ainsi un certain équilibre.

Ainsi la Victime ne veut pas sortir de son rôle de victime, le Sauveur ne cherche pas vraiment à aider la Victime, et le Persécuteur ne cherche pas non plus à enfoncer la Victime…
L’on retrouve également cette structure dans les contes pour enfants : Blanche-Neige, la méchante belle-mère et le prince charmant / Le chaperon rouge, le loup et le chasseur / Cendrillon, sa famille et le prince…

Le rôle de la Victime
On peut évidemment se demander quel bénéfice la Victime tire du fait d’être persécutée.
Il y a pourtant dans cette posture une bonne intention pour la personne elle-même et des bénéfices secondaires :

La Victime attire l’attention sur elle, et en particulier l’attention du Sauveur. Pour des personnes ayant du manque affectif, c’est donc la situation idéale pour recevoir de la compassion, de la protection et de l’attention.
La Victime peut se plaindre. Comme elle est la Victime, elle se sent dans son droit pour se plaindre. Exprimer son ressenti en extériorisant ses plaintes lui fait du bien.
La Victime ne veut pas reconnaître ses responsabilités et n’a pas à faire l’effort de changer. Comme elle est la Victime, tout le mal est dû au Persécuteur et bien sûr cela lui donne l’image d’une personne irréprochable.

Ses phrases favorites sont : « Je fais tout bien et il me fait sans cesse des reproches. » – « Je ne vois pas comment le satisfaire, il n’est jamais content de toute façon. » – « Je n’ai jamais de chance, pour vous c’est plus facile. » – « Tu ne viens jamais me voir… Je n’ai jamais de reconnaissance. »
Comme vous pouvez le constater, ce sont principalement des phrases négatives et généralisatrices (jamais, sans cesse, toujours…).

Tout cela fait que la Victime n’a pas vraiment envie que la situation change : elle se sent à l’aise dans son rôle car si la situation s’arrangeait… elle n’aurait plus l’attention dont elle bénéficie, ni la compassion, plus d’excuses pour justifier ses problèmes. Elle ne pourrait plus cacher sa paresse à assumer ses responsabilités.

Une personne qui est prête à tenir le rôle de Victime cherche à attirer un Sauveur, et appelle quelqu’un d’autre à être son Persécuteur. Si personne ne veut jouer le rôle du Persécuteur, la Victime l’inventera : ce sera alors les corvées, les factures...

Le rôle du Sauveur

La bonne intention du Sauveur pour lui-même est plus évidente à cerner car devenir Sauveur, c’est tenir un rôle plutôt gratifiant, voire valorisant.
Il permet de développer une bonne image de Soi et aussi une bonne image auprès des autres.
Mieux encore, cela lui apporte la satisfaction que quelqu’un lui fasse confiance. Ainsi cela peut renforcer son estime de lui.
Il se réjouit aussi d’avoir quelqu’un dépendant de lui pour qui sa parole compte. C’est sa façon à lui d’avoir le contrôle sur l’autre.

C’est là tout le problème. Le Sauveur place la Victime en incapacité de traiter par elle-même. Pour lui, la Victime ne pourrait pas s’en sortir sans sa présence. Le Sauveur est bien souvent une ancienne Victime issue d’un autre Jeu qui ressent du mal-être en voyant la même situation se produire chez l’autre - ce qui le pousse à agir même quand on ne lui a rien demandé.

Ses phrases favorites sont : « Je suis occupé mais je vais t’aider... » – «  »J’ai fait ça pour toi...« – »Laisse-moi m’en occuper...« – »Je vais régler ça« . »Tu peux compter sur moi, je m’occupe de tout."
Le Sauveur n’a pas d’intérêt non plus à ce que la situation s’arrange car tout comme la Victime, si le problème prend fin, il n’a plus de raison d’exister et la personne qui jouerait ce rôle perdrait ainsi tous ses avantages.
Il est à différencier des « sauveteurs » de type pompiers, secouristes ou urgentistes… qui eux passent à l’action et corrigent la situation en ne faisant pas semblant d’essayer comme le fait le Sauveur.
Enfin, pour que le Sauveur puisse perdurer, il a besoin d’une Victime mais aussi d’un Persécuteur pour justifier son existence.

Le rôle du Persécuteur

Le Persécuteur (appelé aussi le Bourreau) trouve dans ce jeu lui aussi ses bénéfices. Dans cet espace de la relation, il libère ses pulsions agressives sur quelqu’un d’autre - la Victime.
Ce rôle lui permet d’obtenir quelque chose en retour, lui permet notamment de s’imposer sur la Victime de manière violente et à son propre bénéfice.
C’est d’ailleurs souvent un Sauveur déçu qui ne sachant plus comment s’y prendre, emploie la manière forte, ou bien encore une Victime qui a décidé de se protéger et parfois de se venger.
Il établit les règles, décide, dirige et corrige à la moindre erreur. Il ne pardonne pas le plus petit écart et n’hésite pas alors à tenir des propos dévalorisants, voire humiliants, à faire des critiques destructrices, à mettre son interlocuteur en position d’infériorité, à le faire se culpabiliser. Il existe en écrasant l’autre.

Toutefois ce n’est qu’un rôle et en vérité, il cache une personne pétrifiée de peur face aux relations et qui cherche à se défendre d’un ennemi imaginaire.

Ses phrases favorites sont : « Tu ne fais rien comme il faut. » – « Je te le dis tout le temps... » – « Tu n’arrêtes jamais de… » - « Je vais le faire puisque t’as rien compris… »
Le Persécuteur n’est pas forcément une personne, cela peut aussi être une maladie, un handicap, une addiction…

Le Persécuteur, tout comme les 2 autres protagonistes ne reste pas toujours le Persécuteur. Les rôles peuvent être redistribués lors des fameux « coups de théâtre ». Lorsque la situation devient intenable pour l’un des protagonistes, alors les rôles changent.

Par exemple : Un Sauveur fatigué de ne pas voir la Victime le laisser agir, deviendra Persécuteur. Ou bien la Victime fatiguée de voir le Sauveur tout décider, choisira d’être Persécuteur. Le Persécuteur adapte ensuite son rôle en fonction de ce changement, si le Sauveur devient Persécuteur, le Persécuteur deviendra Sauveur, ou si le Sauveur est rejeté par la Victime, il deviendra Victime lui-même et la Victime, Persécuteur.

ALORS QU’EN EST-IL POUR VOUS ?
Qu’est-ce que je repère de moi ? et si j’avais une tendance ?
Qu’est-ce que je veux vraiment ?
Qu’est-ce que j’entretiens à mon niveau ?
Comment je fais une rupture de schéma ?

CRÉATRICE DE RÉUSSITES
Ma mission : mobiliser les ressources, booster l’énergie, provoquer l’action, générer le mouvement… une évolution

Véronique Lauvergeat, Coach à Orléans et à Paris
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